Etude CNRS sur le management dans la police

Conditions de travail, stress, qualité du management dans la police : rien ne saurait échapper à la sagacité des chercheurs du CNRS de Toulouse qui s’appuient sur Alliance -second syndicat policier par le nombre de ses adhérents-pour scruter, de près, un “métier dangereux”.

Selon Mathieu Molinès, responsable de l’étude au CNRS, et Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police, il s’agit de répondre par Internet et en respectant l’anonymat des fonctionnaires à une série de quelque 250 questions sur les “conditions de travail” des policiers, le “stress” ou le “ressenti de l’encadrement”.

Objectifs de l’étude

Le syndicat souhaite en tirer des enseignements afin de faire, dès janvier prochain, des “propositions concrètes” qui seront adressées au ministère de l’Intérieur et qui permettront d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

Des questions sur l’environnement “parfois hostile”, la “pression médiatique”, la “charge de travail”, l’arme de service et, de manière non directe, la “politique du chiffre” seront ainsi posées outre celles, très nombreuses, sur le “stress”. Quelque 5.000 réponses seraient un “bon échantillon”, souligne M. Molinès. Une “première dans la police”, affirme de son côté M. Delage.

Méthodologie de l’étude

L’étude sera réalisée en trois étapes.

Le premier questionnaire, déjà mis en ligne sur internet et composé d’une centaine de questions, portera sur « les antécédents du stress au travail ». Il abordera « le rôle clé de l’encadrement, les différents dimensions du management, la nature des relations avec l’individu et l’équipe et le soutien perçu », mais également les facteurs de stress, comme « l’équilibre famille travail, la perception de la rétribution par rapport à la contribution apportée ou encore le rythme de travail », énumère Mathieu Molines.

La seconde phase consistera à « mesurer le stress au travail », avec un questionnaire d’environ 80 questions portant sur « l’épuisement professionnel, l’accomplissement personnel et l’influence de la personnalité ».

Enfin, un dernier questionnaire de 70 questions environ interrogera les policiers sur les « conséquences du stress au travail » et sur l’impact du stress sur leur engagement, leur capacité d’adaptation, et leur intention éventuelle de quitter leur emploi. Toutes les données recueillies sont traitées « de façon strictement anonyme et confidentielle », précise le doctorant, qui souligne qu’il n’y a eu « aucune censure de la part d’Alliance sur les questions ».

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